C’est ce qu’on nous a été suggéré récemment lors d’un événement de la filière. Pour ce gérant d’une entreprise concurrente, la priorité est mathématique : plus le chantier est massif, plus la rentabilité immédiate est forte. On nous questionne sur notre logique : déplacer des machines pour de « petites » interventions, est-ce bien raisonnable ?
Qu’est-ce qu’un « gros chantier » ? Pour donner une idée, certaines pratiques amènent à des coupes rases sur plusieurs kilomètres de haies. Visuellement, c’est un impact radical et immédiat sur le paysage. En comparant à un don de sang, s’il serait plus « rentable » de tout prélever d’un coup, l’organisme ne s’en remettrait pas. Chez Bois Bocage Énergie, si nous faisons des chantiers de plusieurs centaines de mètres, notre curseur est placé ailleurs.
1️⃣ Pour la santé du bocage : Une haie a besoin d’être régénérée pour rester vivante. Si on attend 30 ou 40 ans pour tout couper d’un coup, le bocage s’épuise et devient sénescent. En intervenant modérément tous les ans ou 2 ans et en respectant l’accroissement, on maintient la vitalité des cépées et le potentiel de régénération du linéaire.
2️⃣ Pour une production sereine : Plutôt que de toucher un « gros chèque » une fois par génération et de laisser un vide paysager pendant des décennies, nous construisons une production régulière et pilotable. C’est une sécurité pour l’agriculteur et pour notre circuit de distribution coopératif.
3️⃣ Pour limiter l’impact environnemental : Les interventions mécanisées sur des centaines de mètres déconnectent les trames vertes. Nous avons l’intention de limiter ces perturbations au minimum : dans nos pratiques, nos visons un impact annuel sur 7% du linéaire chez un producteur.
Nous cherchons l’équilibre entre la rentabilité financière et les autres valeurs du développement durable : l’aspect social et l’aspect environnemental, en mesurant notre action à la vitalité de nos paysages à long terme, à la résilience des fermes et à la pérennité de la ressource bois.



